Trois mois qu’on se prépare à affronter la Jean-Racine. Trois mois qu’on lit partout sur les forums VTT que c’est une des grandes randos à ne pas louper, belle, ludique, hyper physique, hyper technique avec un dénivelé de folie, de l’engagement en descente et des singles sans fin. Trois mois que chacun roule sur route, sur chemin ou sur home trainer selon les dispositions professionnelles, familiales ou météorologiques. Trois mois qu’à chaque rumeur autour d’elle on se dit qu’il faut en remettre une couche pour surmonter l’épreuve, certain allant jusqu’à courir la nuit le long des autoroutes pour faire du fond en condition hostile. Trois mois que David a annulé ses commandes de fût de mousseuse pour parfaire son extraordinaire et athlétique physique. Trois mois que je n’ai pas mangé de glace au caramelle.

Notre Jean à nous, après avoir motivé les troupes pour un notre premier gros déplacement de club en VTT, a tout préparé depuis l’inscription à la réservation hôtelière. Mais ça commence mal. David casse son amortisseur quatre jour avant le week end, l’hôtel refuse de nous héberger à sept dans une chambre de six ! Jean rattrape le coup en réservant un F1, c’est con mais pas le choix. Vendredi soir, Patatra, Jean-Charles ne peux pas venir suite à un gros pépin … A sa place je n’aurais pas pu dormir pendant un mois minimum d’avoir raté un truc pareil, surtout que finalement, suite à un désistement de dernière minute, l’hôtel nous fournit une chambre pour huit qu’on a partagé tous ensemble et que St Didier prête un amorto pour permettre au scott marckois de prendre le départ. David, en plus, a décroché le jackpot à un tirage au sort : une carte VIP lui donnant droit à une leçon de pilotage avec Absalon en personne ainsi que l’accès gratuit à un certains nombre de stands. Il n’y en a que pour la racaille. Edouard a perdu connaissance plusieurs fois et Jean s’est arraché son cheveu.

L’équipe, Jean, David, Bernard, Edouard, Cedric et moi, est repartie en trois voitures. Le team Thoor, les fringants quadras et Cedric tout seul. Tout seul ? Bien obligé, l’animal trouvant les 115km un peu trop cool suite à sa 15ème place à la course des chtis, organise une journée stage de pilotage tout le samedi sur des mobylettes montant à plus de 200km/h et ne peut se pointer que tard le soir. Pfff, chiqué. …

Départ vers 15h pour les autres, direction la vallée de la Chevreuse. Dans la voiture tout le monde est sur les dents. Même Jean qui pourtant n’en n’a qu’une ! Nous sommes tous en mode pile atomique. Surexcités. Il doit y avoir une moyenne d’âge de 17 ans dans l’habitacle. Arrive alors la banlieue parisienne et un coup de file d’Edouard qui détend l’atmosphère : «euh… c’est où qu’il faut aller ? On est un peu paumé … » 🙂 Heureusement Jean et David toujours à la pointe de la technologie les remettront sur le droit chemin via aiephone IV, en Bluetooth of course, tout en se foutant de moi et de mon premier téléphone portatif à écran 16 couleurs que je viens de récupérer spécialement pour cette virée et avec lequel je suis capable, finger in ze nose, d’envoyer un SMS à l’heure.

On se pointe à St Remy à 18h45…. et il faut récupérer les plaques avant 19h. Sur le parking, quelques gars nous indiquent la direction à suivre, la mauvaise, et on arrive à 18h58 devant un stand qui se vide. Après un grand numéro de charme du David on récupère les plaques de toute la troupe sans même avoir besoin de sortir nos cartes d’identités mais on a raté Absalon… Jean est effondré jusqu’à ce que David, hilare, nous apprend qu’il a fait marché tout le monde avec un ptit coup de photoshop. 17 ans je vous dit 🙂

Arrivés sur le parking de l’hôtel à moins de 2km du départ, encore bien vu Jean, on croise les Thoor qui passent devant nous et continuent tout droit histoire de faire un dernier détour, pour la déconnade. L’hôtel est blindé de randonneurs à deux roues, la chambre est top, on y monte les vélos puis on se lance à la recherche d’un restau italien. A Chevreuse il y a UN restau. Il est ouvert, italien mais plein de vététistes, dont nos amis les Ecureuils. On boit un coup en terrasse en rassurant Edouard qui veut un bien un italien mais à condition qu’il fasse des pâtes. Cedric se pointe soit-disant un peu fatigué de sa journée, on passe à table et à 22h tout le monde est au lit.

Réveil à 6h00, petit déj puis on se dirige vers le départ en tenue de combat marcassine . Jean pour le 60km, Bernard, David et moi pour le 80km et les deux foufous pour le 100km. Sur la ligne de départ je m’aperçois que je n’ai pas pris mon mobile. On ne se refait pas.

C’est parti. Les premiers 40km sont relativement cool. Nous roulons en mode rando. On s’amuse en descente, on reste sage dans les singles qui constituent 90% du parcours et on gère les montées car la route est longue, petit scarabée. Edouard et Cedric ont déjà disparus depuis belle lurette. Les ravitos sont copieux, il y a peu de ralentissements, il fait un temps magnifique et le cadre et superbe. Du bonheur.

Mais plus ça avance plus ça se corse. Les kilomètres suivant deviennent vite un enfer avec une succession ininterrompue de murs ensablés, bardés de pierres et de racines, régulièrement impossibles à gravir sur la selle et difficiles à escalader à pied, suivis de descentes ludiques mais tout aussi techniques où il est impératif d’être ultra concentré pour ne pas terminer en soleil dans un arbre (hein Edouard ….), au fond d’un ruisseau (hein David…) ou un grillage (bon ok …. Bernard et moi) sans le moindre temps temps mort. Tout le monde y laisse des plumes. Heureusement, la suite , jusqu’à la bifurcation vers le 100km et plus humaine et on récupère un peu. Bernard termine le 80km tandis que David et moi nous motivons l’un l’autre pour continuer sur le 100.

Nous voilà donc partis pour 32 km de rab puisque le 100 en fait en fait 112. On prévient Jean qui vient de rentrer à l’hôtel après avoir avalé tout seul un copieux 64km et près de 2000m de d+ à 14km/h de moyenne. Chapeau. On repasse par une portion emprunté au départ et on enquille ensuite sur une boucle supplémentaire qui s’avérera tout aussi technique et physique que les précédentes. Les pentes à gros pourcentage et les descentes jouissives négociées de plus en plus vite et de moins en moins lucidement s’enchainent non stop. La fatigue arrive et nous commençons tout deux à avoir hâte d’apercevoir l’écurie. Un panneau nous indique alors «plus que 3 montées !!» et nous fait pousser un ouf de soulagement… avant qu’on ne s’aperçoive que seule les montées «impossibles» sont comptabilisées. Dans une des dernières ascensions, après plus de 100km de selle, on se fait doubler par un jeune en jean sur un vtt pourri qui sprinte comme un fou pour nous dépasser dans le dernier virage. Je regarde David et je vois bien, dans ses jolis yeux vides, que lui non plus n’a pas l’intention de laver l’affront. Après 8h de pédalage et de portage et près de 3000m de d+ à 90% en sous-bois, nous nous retrouvons finalement à l’arrivée, fourbus mais heureux !

St Jean viendra en carrosse pour nous ramener à l’hôtel où nous attendent les copains. Bernard avoue que c’était plus difficile que le Roc Azur. Cedric et Edouard ont mis une heure de moins que nous sur le même parcours (16,5km/h de moyenne, un exploit d’après les habitués) mais sont quand même bien rincés, ça fait plaisir. Edouard somnole dans un lit et le pauvre Cedric affirme qu’il a croisé des loups …

Après une bonne douche, on charge les voitures et nous rentrons au bercail. David est toujours surexcité. Il parle si vite que je ne comprends qu’un mot sur trois. Même Jean qui a un peu récupéré a du mal à suivre. Je ne sais pas ce qu’il prend l’animal, mais c’est efficace !!!

L’AN PROCHAIN ON Y RETOURNE. AVIS AU AMATEURS !! C’était un super week end, on en parlera longtemps.