La Sarrazine est la rando vtt du dimanche 19 Aout aux Fourgs, dans le Doubs, Sur la frontière suisse. Comme je suis en vacances juste à côté et qu’il n’est pas tombé une goutte depuis deux semaines, je décide de me lancer sur le 64km et ses 2000m de d+.

Inscription à 8h (13e quand même, notre sortie est vraiment donnée ! ). Départ 8h15, 15 min avant le départ officiel pour éviter la cohut. Je me doute bien que les pros me rattrapera rapidement.

Ca grimpe vite sur un sentier étroit sous les sapins et le soleil, dans les hautes herbes et la rosée matinale. Je suis bien content d’être parti avant la meute, il va y avoir des bouchons ici. Je mouline en 24*36 pour chauffer la machine et aussi parce que j’ai roulé 35km (+1100m) hier avec un poteau qui rentre ce dimanche sur Dunkerque et voulait un dernier tour ici (J’en ai profiter pour prendre une leçon de pilotage avec ce francomtois d’origine, merci Hervé). Arrivé en haut, pas la moindre indication : le fléchage est minimaliste façon Compiègne avec des petites affichettes clouées sur les arbres et difficile à déceler sous les branchages, quelques rubalises et aucun flèchage au sol. je tente le chemin qui me parait le plus plausible, pour cette fois ça passe. Je commence à descendre, d’abord sur un chemin forestier caillouteux puis un single qui donne la bannane sur terre avec racines et pierres sur lesquelles on peut faire de petit saut, juste ce qu’il faut pour s’amuser et bosser la technique sans trop flipper. puis je vois un petit panneaux « ATTENTION DANGER » et bascule sur une longue et très raide pente. Il manquait surement un morceau sur la pancarte « DANGER … DE MORT ».  Hou, c’est plus que chaud : grosse pente, marches de 20-30cm à répétition,ornière étroite et passage au ras des sapins rugueux. Je termine à pied après avoir ripper le bras droit sur un pin, c’est trop hard pour moi. Heureusement, on retrouve vite un single plus normal et ça repart avec le sourrire. je regarde le compteur : 12,7km/h de moyenne, j’en ai pour plus de 5h à cette allure…

Des vaches ici ? Meuh non ….

Je sors du bois et ça remonte sur un chemin en balcon, pas trop raide. Je monte au train en profitant du paysage magnifique et de la vue sur le château de Joux. La grimpette est longue mais tranquille. on emprunte ensuite à nouveau un chemin forestier roulant et légèrement descendant, un bonheur, qui me ramène dans la forêt puis un beau single et une nouvelle côte pierreuse. Là c’est du costaud. Ca grimpe vraiment sévère sur un gros kilomètre sans répis. Ca passe mais je suis soulagé quand la pente devient enfin plus douce. Je poursuis par un tronçon de bitume sur une petite route qui me permet de reprendre mon souffle et arrive au premier ravito après 1h30 à 13km/h de moyenne. Le ravito est très light et pas encore tout à fait prêt : une table de camping, du jus d’orange, des brioches et du pain d’épice… Je prends mon temps, mange tranquillement, fais le plein d’eau et je repars.

 

A nouveau une descente qui fait peur. Ca passe limite en stressant, plusieurs soleils sont évités de justesse. Ca redevient rapidement plus humain bien que toujours raide et j’arrive à une route et là, aucun panneaux. J’ai beau chercher, je ne trouve rien et rebrousse chemin, vélo sur le dos car la montée est impossible, je reviens en arrière et aperçois 3 gars (2 stump ht 29 » et un scoot  29 ») qui passent à fond sur le passage où je me suis fait peur et tournent à droite juste après : J’ai loupé un rubalise planqué dans les branches, ça me rappelle quelque chose ! La descente redevient à nouveau très plaisante. Après un passage dans des prairies sans trop de dénivelé, la moyenne remonte et peu aux alentours des 14km/h de moyenne. On passe en suisse et je me fais à nouveau doubler par deux autres types (un scott tout mou et un BMC pas dur non plus en 26 ») à peine plus rapides que moi qui me disent être partis également avant le départ officiel et viennent de se faire griller par 3 sauvages. Ils passent un peu devant moi sur la partie roulante. Arrive alors ze côte.

Sur le bec de selle en appuyant comme un fou en 24*36, je repasse les deux types qui montent à pied. La pente est hyper raide, le genre de raidars qui chez nous dépasse raprement quelques dizaines de métres. Ca devrait passer mais ça dure, ça dure, parfois l’arrière dérape et les cuisses chauffent méchamment. il y a des côtes qui piquent les jambes, celle là elle brûle. Après plus de 2km de ce traitement je dérape une fois de plus et craque : mes jambes tremblent toutes seules, je termine en poussant le vélo sur les 200-300m qui reste. 33km et 1200m de d+ au compteur. On se lance ensuite dans une descente rapide et sans danger, le splendide paysage défile à toute allure entre les nombreuses vaches qui ne manifestent pas la moindre réaction. La descente aboutit rapidement à une longue « route » en béton qui sillonne les verts paturages suisses et permet de récupérer un peu. La moyenne tourne un peu au dessus des 14km/h et mes deux compères m’ont à nouveau rejoints. On reprend une longue montée ensemble vers le ravito no 2, encore une fois minimaliste, après 43km. Tiens, je retrouve les 3 fadas qui m’ont doublé après le premier ravito et qui repartent au moment où on arrive après avoir réparé une 2ème crevaison. Bon, c’est plus dur que la trace vosgienne. Je commence à fatiguer un peu mais je m’alimente bien entre les ravitos, pour l’instant ça va.

 

Ca redescend. D’abord doucement, sur une crête d’un gros mètre de large avec un gouffre de chaque côté. En essayant d’oublier le vide, on serpente à vitesse raisonnable entre racines et grosses pierres. A droite, la montagne remonte et on se retrouve sur un sentier de plus en plus étroit : à droite un mur, à gauche le vide. C’est de plus en plus hard, il y a des racines et des blocs de pierres partout, le single fait 30cm de large et je vois des grosses marches en devers juste devant. Pied à terre, je tiens à la vie. Mes deux compères font pareil, ça me rassure un peu. Après 300-400m de portage, ça redevient humain. On remonte sur nos machines, ça descend fort mais, ventre sur la selle, la vitesse reste contrôlable puis la pente diminue et je relâche un peu les freins. là, je loupe à nouveau un petit panneau bien discret qui indique un virage à droite et je continue tout droit… tout droit vers une marche d’un bon mètre qui débouche sur une route de montagne !!. Poussée d’adrénaline monstrueuse, je freine à mort sans bloquer le frein avant pour ne pas partir en soleil et balance tout mon poids sur la roue arrière en poussant sur les jambes et les bras… mais je ne m’arrête pas à temps : Le vélo plonge, je suis loin derrière la selle, lache les freins, la roue avant pique vers le bas, je sens que l’arrière suit … Un instant je crois que je vais m’en sortir mais impossible de resister: je passe par dessus le cintre. Heureusement, la chute n’est pas trop violente, j’amorti comme je peux sur les gants que je porte heureusement (et dont un se déchire) et, surtout, il n’y a pas de voiture. Le vélo n’a rien, il m’est tombé dessus mais je ne suis pas cassé. Mes deux camarades qui ont réussi à freiner vérifient que je suis entier et après quelques jurons à propos du balisage, on repart. J’ai un peu mal à l’avant bras droit qui a touché le bitume et amorti le cadre mais ça va, on reprend la descente, moins vite, et arrivées en bas, au carrefour, on trouve un panneau qui indique … la seule direction où il n’y a pas de chemin.

Ca fait 55km qu’on roule, encore une fois on est un peu paumés, ça devient très pénible. Un suisse nous rejoint alors et nous dit qu’il faut « prôôbaablemeeent mônteeer ». Alors, on monte, longuement sur un chemin pierreux et je sens venir le coup de barre. Les gars me lâchent petit à petit, j’ai du mal à avancer. Je continue de m’alimenter et espérant que ça passe. Un autre suisse me double peu avant le sommet. Toujours pas de panneau. Je continue de monter avec difficulté et, au sommet, retombe sur un flèchage du 45km sur lequel je m’engage. Ca descend, c’est techniquement facile, le moral et les jambes reviennent un peu et je retombe sur le flèchage du 64km … après un détour de plus de 6 bornes !! Arrive alors le dernier ravito où on m’indique qu’il reste à peu près 10km avant la quille. Je casse la dale puis redémarre. J’ai déjà passé les 60 bornes au compteur !

J’ai de nouveau du jus et ça va mieux. Je repasse le 2ème suisse qui m’avait doubler dans la montée puis recolle le premier avec lequel je termine enfin en 5h (plus de 5h30 globalement) les 70km, détours inclus, de la Sarrazine et ses plus de 2000m de d+. Je suis fatigué et j’ai les jambes lourdes.Heureusement que le parcours était sec. Niveau pneumatique, sur ce terrain (terre un peu meuble mais sèche, herbe, gravillons, racines, petits pierriers et autres plaques rocheuses) le fasttrack et le capitain ont fait merveille. (Au passage aucune crevaison depuis mai. Lors de la sortie avec David fin juillet, la perte d’air était dû au fait que je n’avais pas mis assez de préventif, j’en ai rajouté un peu et c’est tout, un pneu « armadillo » c’est toppissime)

Un bon repas m’attend (pommes de terres, jambon, salade, pain, comté, boisson, un fruit et un café) qui sauve du carton rouge l’organisation de cette rando magnifique, mais au flèchage pourrave et au ravitos légers. 450 rouleurs étaient présents, très peu sur le 64km.

 

A table, je suis assis à côté d’un gars qui porte un maillot au couleur du club d’Ornans. Je m’immsice dans la conversation et parle de la sortie du jour (il a fait les 64km avec un temps voisin du mien ,en partant à l’heure) et notre déplacement à l’Xtrem sur Loue. Le gars me dit que le 60km ressemble à ce que je viens de faire, c’est l’idéal pour se faire plaisir, dit-il. Les 20 km supplémentaires qu’emprunte le 80km sont eux assez difficiles : des montées très raides et descentes très techniques. Il me dit que si la semaine et sèche, le 80km sera dur mais jouable pour un gars entrainé prêt à en chier. En revanche s’il pleut, il faudra être un super crack pour en venir à bout. Le jour J, il sera possible de choisir l’un ou l’autre de toute façon.

Dernière difficulté : aucun réseau ici ! Il faut repartir à la Cluze et Mijoux pour joindre mon épouse qui doit venir me chercher pour m’éviter 15km supplémentaires. je prends la route pour 3 bornes de rab. Heureusement, ça descend presque tout le temps. Sur les petits chocs, je ressens une petite douleur à l’avant bras droit. Demain, repos et on verra mardi. Normalement, beau temps toute la semaine, encore 🙂