Anonyme
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Ahaha prems !

Quel week end formidable !! Je me joins à mes camarades pour faire un gros bisou à notre extrAOrdinaire Juan qui une fois encore nous a dégoté un plan en or massif. Ok, y’a mieux comme début côté suspens:)

Arrivée en famille à Bouillon vers 18h30. Accueil en fanfare par un David surexcité qui m’aide à garer sur un minuscule parking le long de la Semois l’énorme camping car qu’on m’a prêté pour le week-end et que je conduis avec une maîtrise pour le moins discutable. Le cadre est superbe, c’est vraiment peu dire, et il fait un temps magnifique. Tout le monde est bientôt là, plus de 20 marcassins en Belgique, il ne manque que Cédric Lusszzczzak et sa dulcinée qui nous rejoindront un peu plus tard.

L’autre diabolique Cédric et ses acolytes fous furieux Jérôme et Benjamin partent faire une petite reco tandis que nous nous installons à table chaleureusement accueillis par le patron du relais, vététiste averti et ancien organisateur du raid Godefroy de Bouillon qui, connaissant le coin comme sa poche, nous en vante les délices et les difficultés, assez surpris tout de même que six nordistes osent se lancer sur le 100km. A peine l’apéro entamé, nos trois affûtés éclaireurs sont de retour avec une casse de câble de dérailleur, une grosse gamelle pour l’un d’entre eux, et seulement 4 km au compteur. Ca promet !!

S’en suit alors un barbecue à volonté, grillades et pâtes pour tout le monde, un régal pendant lequel les copains me font même un chouette cadeau pour mon anniversaire tout récent et pousseront la gentillesse en oubliant de charier mon grand âge, merci les gars !! On discute et on plaisante autour de la table, surtout on parle du lendemain : les épouses feront une randonnées pédestres ou visiteront la belle ville de Bouillon, les jeunes, Clément, Damien et un Thomas un peu stressé, se lancent sur le 40km, les Tailliez père et fils sur le 60km, les 3 fusées visent un chrono sur le 100km et les trois quadra (David, Jean-Yves et moi) veulent à tout prix terminer le 100km en profitant du paysage et en prenant un maximum de plaisir. Notre polonais bodybuildé fera le 40km avec sa chérie .. mais seulement après une grasse mat. Ben voyons 😀

Allez, c’est l’heure du dodo, chacun retourne à sa chambre et mes femmes et moi rejoignons le camping car…. garé à 30m d’une fête foraine située sur la berge juste en face qui nous fera profiter, une grande partie de la nuit, d’une musique endiablée uniquement conçue pour deux instruments, la basse et la batterie, probablement l’une des rares que notre regretté Ludwig von B aurait pu ouïr distinctement à la fin de sa vie.

A 6h00, l’appel du petit déj est douloureux mais l’excitation du jour nous permet d’afficher un grand sourire et de lancer crânement des plaisanteries en tout genre. Ensuite, direction Dohan et ses 183 habitants, inscription, petite photo et c’est parti mon kiki. J’avoue être un peu inquiet car moins préparé que d’habitude et j’ai bien l’intention de gérer les montées et de m’éclater en descente.

Le parcours dans son écrin de verdure encerclé de cours d’eau est de toute beauté. Nous enchaînons des ascensions de 2-3km tout à fait gérables et des descentes jouissives d’une difficulté technique parfaitement dosées : ça va vite, il faut être concentré, sa tourne dans tous les sens, ça glissouille juste ce qu’il faut, il y a quelques parties très raides, des virages relevés, beaucoup de racines et le tout se passe presque exclusivement sous un épais tunnel de feuillage. Heureusement parce que ça cogne dur au soleil. Le patron du gîte nous avez prévenu : pas de lunettes noires, prenez plutôt des verres jaunes, vous allez être à l’ombre presque tout le temps !! Nous traversons régulièrement des cours d’eau sur des ponts plus au moins longs et larges. Il y a relativement peu de monde (moins de 500 participants) et les sentiers sont très fluides. Seule ombre au tableau, ma chaîne qui a beaucoup de mal à passer sur le grand plateau et déraille très souvent, m’obligeant à passer régulièrement manuellement les vitesses (malgré des pauses mécaniques et les réglages minutieux de butées et de tension de câble) puis à relancer pour rattraper mes compères. Tout le monde affiche un sourire XXL, même David qui souffre du dos depuis un bon moment mais pédale, alors que la plupart aurait coupé depuis belle lurette, comme si le diable en personne le poursuivait.

Après 55km, nous croisons les épouses Dumilly, Tailliez et Thery, un peu pommées au milieu de nul part. Nous essayons de les remettre sur la bonne voie mais il est difficile de se repérer dans cette immense foret où fourmillent les sentiers et leur balade, initialement prévue pour ne pas dépasser les 10km, en fera finalement presque 15, ascensions dantesques à la clef. Chapeau bas mesdames!

Pour ma part j’ai la frite. Dans les montées, je suis en sous-régime, profite du paysage, pas une fois encore je n’ai eu l’impression de forcer. Aucune sensation d’un début de commencement de fatigue, pas de cuisses qui chauffent, pas faim, pas soif, même mes genoux me laissent relativement tranquille. Dans les descentes, je lâche les freins et m’éclate comme un fous ! C’est la plus belle rando que je n’ai jamais faite. Je m’alimente régulièrement, les pauses ravitos permettent de remplir les bidons, de boire (Enormément !! Je viderai 5 fois 75cl en plus des boisons prises aux ravitos soit un bon 6l sur la journée) et de s’alimenter comme il faut grâce à une belle diversité de produits proposés (saucissons, biscuits salés, fruits, chocolat, cake sucré ou salé…). Entre 55km et 65km je confie même à Jean-Yves, lui même en grande forme, que pour l’instant je suis très facile et que quelques kilomètres heures de plus sur la moyenne ne m’effraieraient pas outre mesure.

Arrive alors une série de grosses montées, en grande partie hors forêt, 3 rudes et raides ascensions successives. Dans la première je pars en tête tranquillement mais durant la montée je commence à avoir mal à la tête. Jean-Yves me rattrape tranquillement. Il fait très chaud. Habitué du cagnard du sud, le Jean-Yves est très à l’aise alors que je souffre plutôt de cette chaleur. David, quant à lui, semble aller un peu mieux. Dans la seconde, Jean-Yves passe vite devant et je dois m’accrocher pour rester dans sa roue. David, n’est pas très loin. Au sommet, je commence à avoir un peu froid. Il fait bien 30°C, je me doute bien qu’il y a un problème, et continue de boire et de m’alimenter en espérant que ça passe. Dans la côte suivante Jean-Yves me lâche complètement puis David me double et me lâche à son tour. J’ai un mal de chien à pédaler, mes jambes sont cotonneuses et de m’obéissent plus. J’ai mal au crâne, envie de vomir, mon bidon d’eau est vide. A ce moment j’échangerais volontiers ma monture contre un coin d’ombre, un sucre et un verre d’eau plate. Je suis obligé de jongler avec les vitesses et les soucis de transmission qui me forcent à de fréquents arrêts et redémarrages deviennent insupportables. Heureusement David et Jean-Yves, eux aussi à court d’eau, m’attendent et m’encouragent. Les deux lascars se baladent et essaient de remonter le moral en parlant avec moi. Je ne comprends rien à ce qu’ils peuvent bien me raconter pendant que le décor autour de moi vacille un peu. J’essaie de gérer au mieux les efforts physiques pour garder un peu de lucidité dans les descentes. Après 7-8 bornes dans cet état, nous rejoignons enfin le dernier ravito au kilomètre 82. Grosse pause pendant laquelle j’engloutis la moitié des victuailles proposées à moi tout seul et bois un bon litre d’eau citronnée, à l’ombre des frondaisons. Ca fait du bien mais ce n’est pas la fête pour autant, j’ai toujours froid et un marteau piqueur fait des claquettes dans ma nuque. On repart pour les 20 derniers kilomètres et ses cauchemardesques 450m de d+. Je retrouve assez de jus pour bien avancer dans les parties roulantes et un regain de lucidité, épaulée par l’adrénaline, me permet pour dévaler à allure respectable dans les roues de David qui a retrouvé tout son clinquant et comme à son habitude termine très fort. Jean-Yves, qui ne connaîtra aucune baisse de régime, mène la danse très à l’aise dans les longues montées qui sont pour moi un calvaire interminable.

Il reste 5-6km. Le tracé devient plus descendant. Ca sent l’écurie et, malgré un mal de crâne carabiné, un regain de vitalité et de moral me permettent de moins faire patienter mes camarades de virées. Un petit cliché souvenir sur le dernier point de vue avec la Semois en contre-bas et on s’élance dans la dernière descente, probablement la meilleure du circuit, très technique mais tout simplement génialissime !!

Retour au camp de base. Les copains engagés sur les distances plus courtes et les missiles sont déjà repartis (J’attends les CR!!). Mes compères sont aussi sur le départ car ça bosse le lundi. Ma remarquable épouse et mes filles me racontent leur journée mais j’ai du mal à suivre la conversation. Heureux d’avoir bouclé le défi grâce au soutien des copains, je reste encore une nuit sur place, sous perfusion de Doliprane, avant de rentrer le lendemain. Lundi matin, le mal de crâne persiste et j’ai tout le temps soif mais ça va beaucoup mieux. Pas de crampe ou de courbature. Ma dulcinée et ma progéniture ont eux aussi passé un superbe week-end et ont adoré Bouillon, son château, ses faucons, la Semois et ses pédalos. On y retourne l’année prochaine avec une préparation sauce commando !!!