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      Trace Vosgienne 2014. la version longue.

      Arrivés sous la pluie à Gérardmer le mercredi qui précède l’épreuve.

      Nous nous installons dans notre location. Le ciel est lourd et gris. Gérardmer est une jolie station très vivante avec de nombreuses activées et sorties à proximité : baignade ou voile dans le lac, randonnées à pied en VTT ou à cheval, visites en tout genre, ciné, casino, shopping et terrasses de cafés. Hélas, la météo y est incertaine… Normalement, après une semaine de pluie, le retour du soleil est prévu dès demain.

      J’ai choisi de ne pas faire le marathon (donné à 70km mais faisant en réalité 75km pour 2500m de d+) afin d’éviter d’être cramé les jours suivants. Ce sera un effort relativement court mais intense, un bon entraînement. Il y a deux ans, j’avais terminé au alentour de la 150ème place. Cette année je suis mieux préparé et j’espère un top 100. Il y a près de 700 inscrits mais on me dit que beaucoup ne viendront pas ou se rabattront sur le 25km vue les caprices météorologiques.

      Jeudi, 28°c, ciel bleu.

      Levé tôt, petit déj en terrasse avec Madame et c’est parti pour la reco du parcours, officiellement donné pour 45km, grâce à la trace GPS disponible sur le site de l’organisateur, trace qui affiche quand à elle 53,3km et 1736m de D+. A cela, je sais qu’il faudra ajouter les zones de départ (une boucle d’un peu moins d’1km qui serpente dans une grande prairie pour étirer un peu le peloton avant la première ascension) et d’arrivée (300-400m de single le long du lac de Xonrupt avant le passage sous l’arche d’arrivée) sans compter que la fameuse trace est assez grossière (un point tout les 100m…). Il faut donc tabler sur un bon 54km dimanche.

      C’est parti, en mode reco. Le parcours, presque toujours en sous-bois, présente 4 parties :

      – Le départ nous fait passer de 700m environ à près de 1200m en 15km. On monte tout d’abord non stop sur 4-5 km puis c’est une successions de petites descentes rapides et de raidars plus ou moins longs pour rejoindre le sommet. Le terrain est assez lourd, il y a pas mal de petits cours d’eau suite aux pluies récentes, c’est un peu gras avec des flaques résiduelles mais la boue n’est pas collante et ça roule bien dans l’ensemble. Il y a deux courts passages assez techniques sur cette partie, l’un dans les racines et les blocs de pierres, l’autre sur un single très humide en léger dévers, je les fais deux-trois fois pour bien repérer où placer le vélo et me sentir plus à l’aide.

      – Une fois en haut, on accède à une longue descente peu pentue où on peut lâcher les watts en prenant de l’angle dans les nombreux virages. Le terrain, gravillonneux et parsemé de blocs de granit, est assez sec. On enchaîne avec une succession de montées et de descentes roulantes avec relativement peu de pente, sur chemins forestiers ou singles ludiques. Je suis à l’aise et ça passe à bloc.

      – Arrive alors le passage le plus technique du parcours : une descente de 200-300m sur un single tortueux et parsemé des marches rocheuses avec de la pente et un joli filet d’eau au milieu. Je refais plusieurs fois cette zone pour trouver la trajectoire idéale. Au final, avec un peu d’engagement, ça passe bien et on arrive au pont du col de Grosse Pierre qui marque l’entrée et la sortie d’une boucle assez difficile et qu’on emprunte donc à l’aller et au retour. Après une belle côte en balcon sur les hauteurs de la Bresse située 600m en contrebas, panorama magnifique, on retourne rapidement en forêt. Le terrain devient lourd et humide. La boue n’est pas collante mais les roues s’enfoncent dans un sol meuble et il est difficile de conserver de la vitesse. Les côtes sont courtes mais raides, les descentes piégeuses masquent des blocs de pierre et des racines. Ici, pas de récupération possible, on appuie tout le temps ou on s’arrête. C’est ici que les deux circuits se séparent pour la première fois, les marathoniens effectuant quelques kilomètres supplémentaires avant de nous rejoindre pour à nouveau passer le pont. On termine cette boucle par une longue descente roulante où, à nouveau, on peut lâcher les chevaux en soignant les trajectoires pour enchaîner les virolos.

      – Après une dernière ascension de 3-4 km sur un chemin large on accède à nouveau à une zone rapide avec peu de pente positive ou négative et le 75 quitte à nouveau le 54 pour une boucle supplémentaire à fort dénivelé. Ca passe à fond à condition de bien visualiser le tracé en slalomant entre les zones boueuses, les flaques résiduelles, les cailloux et les racines. On arrive ainsi à la dernière descente : 7km non stop. Du bonheur. La trace, d’abord large, offre un grand nombre de virages à prendre le plus vite possible entre pierres et racines puis se rétrécit en single tortueux, technique juste ce qu’il faut pour faire monter l’adrénaline en passant à bonne vitesse.

      Je termine avec 66 km au compteur et au GPS, tout deux d’accord sur cette donnée à 300m près, mais j’ai répété certains passages et la liaison appartement-départ fait 10km aller-retour. Le parcours est moins cassant que le final de celui des Hautes Fagnes et convient parfaitement à un 29 » semi-rigide.

      Vendredi à nouveau grand beau temps et 29°C.

      Je pars pour le 23km qui partage le début et la fin du 54km. En gros, on monte jusqu’au premier sommet puis on enquille directement sur la descente finale. Je roule à bloc. La reco de la veille me permet de bien anticiper. Je termine à 18,5 de moyenne. A noter que le parcours est déjà beaucoup plus sec.

      Samedi matin, c’est le déluge.

      Un gros orage noie la montagne, invisible sous la brume, de 8h à 14h et tandis qu’un éclair sinistre fend le ciel de bistre en long zigzag clair, je suis moi même en pleine dépression.

      Allez, pas trop grave, j’avais prévu repos. En fin d’après-midi, retour du soleil, je vais faire un petit tour pour paufiner les réglages et tombe sur deux gars tout sale en VTT. On discute un peu. Incroyable : le plus âgé, Mr ʺCarruʺ, habite près d’Audruicq et à fait la ronde des marcassins cette année. L’autre est son fils, directeur sportif à Gérardmer et coureur routier en première catégorie et ancien tarceur … de la trace. Ce dernier vise un top 20 sur le 75 (il finira 30) et me dit qu’il faudra pour cela rouler autour des 22-23 de moyenne. Il me parle des clubs de la région, d’après lui bien supérieurs aux clubs nordistes avec lesquels il a roulé dans le passé, dont la majorité ont de nombreux membres courent en national et pédalent en montagne depuis l’âge de 5 ans ce qui explique le niveau très relevé de l’épreuve de dimanche. Il m’explique qu’il emporte uniquement une chambre à air, une capsule de co2 et un bidon de 50cl. Son père et des amis lui assurent un ravito perso tout le 12-13km. J’ai l’air malin avec mon sac à dos, mes 2L de flotte, mes 2 chambres, ma pompes et mes outils ….

      Dimanche matin. Grand soleil.

      Déjeuné à 6h45 puis digestion et préparation tranquille du bonhomme et du matos.1,8 bars derrière et 1,6 devant. 8H15, Direction le lac de Xonrupt, à vélo, histoire de chauffer. J’arrive à 8h45 après deux-trois sprints, 15min avant le départ du 70km et me place de suite sur le ligne de départ qui fait 50m de large, derrière les marathoniens afin d’éviter de partir en fond de peloton comme il y a deux ans. Il ne sont que 150 sur cette distance. A 30M de moi, il y a un type en maillot bleu/blanc/rouge sur un BMC….

      15 min après leur départ, c’est au tour du 54 de s’élancer. ʺ Vous êtes plus de 600 au départ ! ʺ, lance le speaker. Je suis en 3ème ligne. Ma stratégie est la suivante : départ à fond pour éviter le bouchon à l’entrée du premier single, gestion ensuite jusqu’au sommet pour récupérer puis il faudra passer les zones roulantes le plus vite possible et limiter les dégâts dans les portions collantes.

      Gogogogo ! C’est la horde sauvage. Je démarre au taquet … comme beaucoup. Ca frotte à mort, il y a plus de 600 vélos dans une zone de 50m*50m qui s’étire peu à peu. Après la boucle dans l’herbe, on aborde le début de la première montée sur le bitume à 20km/h et le rythme ne faiblit pas jusqu’au goulet 1km plus haut qui nous fait sortir de la route vers le premier raidar marquant l’entrée du ʺ vrai ʺ tracé. Ca passe bien, il n’y a moins de monde, nous roulons en file indienne et personne ne pose pied à terre malgré la pente. Le rythme se calme ensuite, le cardio aussi, heureusement. Il est difficile de doubler car en dehors de la trace principale, déjà abrupte, le terrain est peu praticable.Quand arrive la dernière montée avant le sommet, sur un chemin large et pentu, je force pour dépasser le paquet devant moi et attaquer la partie roulante juste derrière sereinement. Autour du circuit, il y a du monde et les gens nous encouragent régulièrement. En haut, un gars m’annonce ʺ 98ème, t’es dans les 100 c’est bien ! ʺ. Je tourne à 16 de moyenne.

      Les kilomètres suivant passent à tout allure. Je profite des qualités du 29 » pour enquiller à fond, doublant pas mal de monde, car je sais que la boucle de Grosse Pierre sera difficile. La moyenne monte à un peu plus de 19km/h. En arrivant au col, après avoir avalé le passage technique sans soucis, je rejoint un groupe de 3 vététistes juste après le pont qui sert d’entrée et de sortie à cette boucle : une nana et deux gars. Il y a toujours pas mal de spectateurs qui nous encouragent au passage. Apparemment, la donzelle vise le podium et les deux loulous lui ouvrent la voie. Je prends leurs roues sur cette portion grasse que je redoute. Nous doublons pas mal de vélos mais ce sont pour la plupart des gens engagés sur le 75 que l’on a rattrapés. La première des deux bifurcations 54/75 arrive et on se retrouve à 4 pendant un moment. Je suis en léger sous-régime mais lorsque j’appuie je ne gagne pas grand chose et me fatigue beaucoup, le terrain semble mettre beaucoup de volonté à retenir mes pneus. Du coup je reste derrière mes 3 camarades. Nous rattrapons quelques coureurs lorsqu’on se lance dans la descente qui clôture cette partie du parcours. Les gars savent piloter et je me cale dans leur trajectoire, ça aide. La moyenne après avoir pas mal chutée, remonte à 18km/h.

      Nous repassons le col de grosse pierre en croisant des participants du 54km qui s’engagent sur le pont dans l’autre sens sous des ʺ allez les gars ʺ, des ʺ courage ʺ et des ʺ bravo ʺ des spectateurs, ça galvanise. Une dame avec un calepin et un stylo annonce ʺ 78 ʺ à mon passage. Content. Je sais qu’il ne reste qu’une montée sérieuse là de suite et qu’ensuite on retrouve une zone qui me va bien. J’appuie.

      Je lâche mes compères dans la première partie de la montée. Peu après, je reçois une petite tape sur l’épaule. Le temps de tourner la tête, Dieu passe à côté de moi et disparaît dans le virage suivant. Sacré souvenir ….

      Ca me motive à mort. Je relance pour survoler les derniers kilomètres pied au plancher et gratter quelques places puis engage la descente finale aussi vite que je peux en slalomant entre des participants qui terminent le 23km et descendent prudemment. En passant la ligne, après la boucle finale, mon compteur annonce 2h45 pour 54,3km soit 19,5 de moyenne en déplacement. Je n’ai posé pied à terre que deux fois (un dé-clipsage surprise de pédale dans un virage qui m’a fait faire un tout droit et failli m’envoyer dans le décor et un déraillement suite à un changement de plateau d’urgence devant un raidar mal anticipé) et ne me suis pas arrêté aux ravitos, je n’ai pas dû perdre beaucoup de temps. J’attends les résultats, assez content car assuré d’être parmi les 100 premiers.

      Peu après, le premier et le second du 75km arrivent roue dans roue. Le premier, un pro de la FDJ, termine en courant à côté du vélo, dérailleur HS et franchit la ligne après 3h10. Le second et tenant du titre perd sa couronne pour une seconde mais termine avant Le Maître. Sacrée référence… Absalon boucle peu après, 3 crevaisons l’ayant obligé à courir sur quelques kilomètres pour rejoindre son ravito et réparer. Très cool, il signe quelques autographes et accepte quelques ʺ selfies ʺ en essayant de fendre la foule compacte autour de lui pour retourner vers son camping car. Détail agaçant, son maillot est quasi propre alors que nous sommes crottés de la tête aux pieds.

      Le speaker annonce pas mal de blessés et d’abandon.

      Les résultats tombent. 63ème en 2h50 au scratch et 13ème master 2 (sur 151). Le premier du 54, qui vient de décrocher un contrat pro aux USA, boucle en 2h15, le 509ème et dernier classé en 6h05. Un chouilla plus de 19 de moyenne. Les 5 minutes perdues à l’arrêt, qui paraissent peu de chose, me coûtent 14 places au classement. Incroyable de penser qu’Absalon, avec une perte de temps considérable, ait réussi à remonter à la troisième place malgré le niveau de participants ultra motivés pour passer devant lui !

      Je rentre à Gérardmer en moulinant, le sourire au lèvre, fatigué mais pas épuisé. J’ai surtout des courbatures dans le bas du dos à cause des nombreuses relances et ascensions en danseuse. Je refuserai dorénavant de me laver l’épaule droite. Seule petite déception, ʺchronoraceʺ calcule les moyennes sur la distance annoncée et pas sur la distance réelle, c’est à dire 45km… C’est nul.

      La trace vosgienne est un événement à vivre au moins une fois pour son ambiance survoltée, ses parcours magnifiques, subtile dosage entre difficulté, technique et ludique et son impeccable organisation. L’année prochaine objectif top 50 !

    • Anonyme
      Inactif
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      😮 😮 …je découvre juste ce récit tellement bien décrit qu’on visualise autant le parcours que ce qui se passe ds le mental et les jambes !!! 😉 😛
      Par curiosité, me suis visionnée la vidéo du départ : bonjour les chutes !! 😕 …effectivement ça frictionnait dur !! 😡 …à tt hasard, est-ce TOi que l’on aperçoit un quart de seconde à 2mn44 sur la vidéo en casque rouge ??? 🙂

      En tt cas, BRAVO pour la perf (en tant que « compétitrice », j’aurais aussi râlé en m’apercevant que mes 5mn me coute 14 places ! ;) 😡 ) !!! 😉 .. rivaliser ac les « montagnards », ça jette qd mm !!! 😀
      Qt à concourir ac Dieu … ça, c’est déjà géant …. mais … recevoir la main de Dieu, je comprends que tu te sois senti pousser des ailes !! 😛 😆 … tu as eu ton « selfy » aussi ??? 😉 😯

      J’en conclue que tu as fini tes vacances en beauté et que tu es encore sur ton petit nuage ???!!! 😛 (ça va, il te reste encore 15 jours pour atterrir !! 😉 : )

    • Anonyme
      Inactif
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      salut marie,

      Nan c’est pô moi sur la vidéo.

      Suis rentré avant-hier, pas mal de taf après 4 semaines d’absences… 🙂

      Je poste une sortie « club » dès que j’ai un peu de temps.

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