La Ronde des Marcassins Forums Forums des Marcassins Compte-rendus des sorties XTREM Suisse Normande 8 Septembre

Vous lisez 13 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 367

      Hello les amis ,

      Allez je me lance pour le résumé de ce week-end .

      Eh beh dis donc , je peux vous dire que je ne m’attendais pas à un truc pareil . Rappelez -vous la raison de ce déplacement que j’avais repéré car il était inscrit dans le top 10 des meilleurs marathons français . Vous allez voir , ce classement est amplement justifié . 😉

      Nous sommes partis samedi après-midi , dans le voyage : Tof , Jean Yves , David , Didier ,Thierry ( copain de Didier ) , Quentin , Jérôme , Benjamin . Sophie et sa progéniture .

      Soirée la veille très sympa , le resto se trouve au bord d’une rivière et pile poil sur le parcours …nous découvrons donc par hasard le balisage tout aérien et la typologie de route qui sera la nôtre le lendemain . C’est toujours assez marrant d’imaginer à quelle sauce nous allons être mangés car en arrivant , le paysage certes bosselé n’annonce pas quelque chose de vertigineux . Souvenez-vous de Bouillon et de son paysage , là c’était plutôt clair …

      Soirée sympa avec 4 autres vététistes parisiens que nous invitons à partager notre table et la soirée se passe sous les meilleurs auspices entre rigolades et partage .
      Grand merci à David pour l’organisation du gîte et de l’auberge …c’était top !
      Petit Dej : 6H45.

      . Première anecdote à ce point de récit : le petit déjeuner ….les copains m’avait confié une mission : analyser toutes les substances illégales avalées avant , pendant et après le café de Didier , dit « gros filou » …Quentin lui dit « tiens, tu prends du café au lait ? » ..et il eut cette réponse sibylline qui laissa coi mon adolescent en devenir … : J’aime pas le café , j’aime pas le lait , alors je mélange un peu des deux pour que ça soit moins mauvais !! 😆 😆

      Arrivée le matin : rdv était donné à 7H30 . 3 vagues distinctes se profilent :

      – Les parcours marathon chrono : 66 / 80 / 100
      – Les parcours marathon non chrono.
      – Les randos : 55 / 45 /30 .

      100 Km : 2700 de D+
      80 km : 2110 de D+
      66 km : 1700 D+
      55 : 1100 de D +

      Nos fiers gaillards s’engagent tous sur le 100 quant à Quentin et moi-même , pauvres vélocipédistes et promeneurs du dimanche sur le 66 km . On fait avec les moyens qu’on a !!!

      Jean- Yves, dit mollet de feu, est concentré ..David déconne , il fait beau tout le monde a la banane .

      Nous nous élançons avec Quentin , 11 km tout tranquille , ça monte gentiment , ça descend , franchement du roulant , juste assez pour se réchauffer car il fait 7°C mais ça va vite monter .Je dis à Quentin : « si c’ est tout le temps comme ça je veux bien faire 100 bornes !! » mais rapidement je maudis cette phrase balancée à la légère sur un premier virage …3.3 km de montée avec un pourcentage de taré et là les amis , ça commence vraiment à envoyer . 😮

      Arrivée au ravito km 24 ..je regarde le petit panneau « Vous êtes là il vous reste 1200 de D+ » . Je calcule , 66-25= 41 …1200 sur 41 …et là vraiment nous rentrons dans le dur du sujet . ça tabasse tout le temps , montée de taré , des pourcentages comme j’en avais rarement atteint et des descentes de fou. Très très technique , du dévers , des racines, du cassant …on croise un mec qui lâche : « Si j’ai un conseil à te donner , sur les prochaines descentes , n’hésite pas à dire au gamin à s’engager … »

      Je me dis « Pourquoi avant ça descendait pas ??? »…et là effectivement une descente quasi verticale , tout dans une sorte de terre meuble , un truc de fou et des comme ça , y en a eu je ne sais combien . on termine la boucle pour arriver au ravito 2 , je regarde Quentin , on est défait car peu de pause entres les montées et les descentes de taré où aucun repos n’est permis .

      C’est reparti pour le ravito 3 au km 55 , notre seul but ..11 bornes quasi d’une montée interminable , mais j’oublie le principal , dans des paysage d’une beauté incroyable . Imaginez-vous au bord d’un ruisseau , un paysage vallonné , une verdure omniprésente partout …franchement magnifique .

      Le ravito 3 arrive .Bizarrement , nous nous sentons vraiment mieux , l’approche de l’arrivée et là deuxième anecdote …

      Un truc marron est servi dans des gobelets…une sorte de vomi avec une cuillère planté dedans…devant mon regard interrogateur de touriste stupide , une mère de famille m’explique que c’est du Teurgoule….Je vous résume le truc , riz , lait , cannelle qui caramélise parce que cuit je ne sais plus combien de temps…J’me dis , bon il me reste dix bornes , même si ça me torche je dois faire honneur à la cuisine locale !! …verdict : Délicieux !! :mrgreen: :mrgreen:

      Du coup je vous mets la recette et la confrérie ( si si il y a une confrérie du Teurgoule ) .

      http://www.teurgoule-normandie.confreries.org/recettes.html

      Le truc marrant c’est que après le ravito , pour penser à autre chose j’imaginais un petit poème en hommage à la Teurgoule ..

      Ô Toi notre Teurgoule
      Si tu veux en devenir maboule
      Enlève alors ta cagoule ..

      C’est pas de l’Apollinaire mais après 55 bornes je ne pensais plus qu’à ça ))

      Après le ravito ,passage privé très très sympa avec un petit lac intérieur et une luminosité exceptionnelle , et là je ne sais pas combien de km mais un vrai parc de jeu pour vététistes foufous…du single , des petites bosses, du slalom entre les arbres …un vrai bonheur comme une récompense donnée après tant de bagarre pour terminer ce parcours.
      On finit donc avec 68.9 km et 1745 de D+.

      Deux remarques :

      – Cette sortie valait vraiment le coup . Je suis tout à fait d’accord avec la réputation de cette rando qui pour moi est une des meilleures que j’ai faite depuis bien longtemps car très variée dans sa proposition d’itinéraire. Un pur plaisir pour vététiste un peu préparé et un peu technique car sinon ça peu vite tourner au cauchemar.

      – Je suis assez élitiste sur les organisations et notamment, le balisage …cette rando n’était balisée qu’ en aérien !! Aucun fléchage au sol et franchement c’était remarquablement fait . Des gens supers sympas , un accueil chaleureux , des ravitos à la hauteur , des démonstrations de trial et de saut à l’arrivée , quelques exposants de vélo juste pour prolonger ce p’tit goût de « on en veut encore » qui vous vient dans la bouche une fois la ligne d’arrivée franchie .

      – Dernière petite chose : je souhaite à tout la monde d’avoir un ado comme le mien car à aucun moment il ne s’est plaint de la dureté du parcours , il avait le sourire d’un bout à l’autre et finir un truc pareil à 13.5 ans , je ne dois pas être le père !!! Super moment de partage , c’était juste une journée formidable .

      Je laisse David et Tof vous donner les explications sur les chronos et tout et tout …))

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 263

      à mon tour

      Comme le dit l’excellent Juan : « le paysage certes bosselé n’annonce pas quelque chose de vertigineux . Souvenez-vous de Bouillon et de son paysage , là c’était plutôt clair … »
      ça résume parfaitement la configuration des lieux: quand on arrive vers Caen, c’est plat comme la Beauce et si on s’aventure de 10km au sud, on tombe littéralement dans des tranchées au fond desquelles coule une rivière, des trous, des falaises, des monts, des « pains de sucre » comme le bien nommé mont du même nom que nous avons gravi avec tant de difficulté.

      On appelle ça « la suisse normande »
      Vous voulez 2800 m de D+ ? Pas de problème , on vous en sert en veux-tu en voilà!

      Arrivé avec Christophe samedi en fin de journée, les premiers villages sur Orne sont traversés après d’ interminables descentes qui font rougir les freins de la vénérable automobile deux fois centenaire, un peu tremblotante mais toujours vaillante , propriété de mon célèbre compagnon de route.

      Louons ici les efforts du merveilleux pilote-président qui a spécialement nettoyé l’antique véhicule à moteur diesel en mon honneur pour le rendre accueillant, ce qui a occasionné une hausse brutale des taxes locales de ramassage des poubelles du district de Coulogne et provoqué l’ire des habitants qui ont demandé la démission en bloc du conseil municipal. 😀 😀

      Les environs d’Amayé-sur-Orne sont charmants, avec de belles et grandes demeures nichées un peu partout. Le gite où crèchent Jean, Quentin, David, Sophie et ses enfants est tout simplement somptueux, et l’auberge de Brie où nous dinons le soir digne des grands restaurants.

      Quant à Tof et moi même, nous partageons le luxe inouï d’une suite située dans un splendide Ibis-Budget à 12 km du départ de la rando 🙂
      En tout cas l’accueil d’un sympathique sosie de Mouss Diouf et son petit déjeuner servi à 6h30 au lieu des 7h30 réglementaires est bien copieux et nous prenons la route à bord de l’aimable titine à peine gênée par la rosée du matin.

      La météo est avec nous et malgré quelques passages nuageux, le soleil et le terrain bien sec seront de mise toute la journée pour notre plus grand plaisir.

      Le site du départ est taille XXL, ça sent le professionnalisme à plein nez. Les randonneurs se préparent, le speaker a la même voix que Daniel Mangeas, on se croirait sur le tour de France !
      Je retire ma plaque et comme je me suis inscrit en ligne à la différence de certains dont je tairai le nom 😉 , je dispose d’une puce électronique qui va me permettre d’être chronométré et de figurer au classement de la rando: http://www.xtremvtt-normandie.fr/images/documents/Resultats2013.pdf

      le départ du Raid 100-marathon est donné pile à l’heure : Didier, David, Tof, Jérome, Thierry et moi-même nous élançons à la suite des pro que nous laissons partir afin de leur laisser une chance de décrocher une place d’honneur. Nous serons rejoints par Benjamin vers le km 20.
      Jean et Quentin partent sur le Raid 65, interdit aux moins de 15 ans de part sa difficulté et son énorme D+ , bravo Mister Juan !! 😆

      Les premiers tours de roues s’effectuent sous un nuage de poussière soulevé par le peloton , traversé de rais lumineux en plein face qui nous aveuglent rendent la lecture du terrain hasardeuse.
      Il est remarquable de noter le niveau général puisque nous ne remontons que peu de monde, ça va envoyer très dur…. 😯

      A un moment je perds un verre des mes lunettes , ce qui occasionne un léger ralentissement de notre petit groupe, le temps nécessaire (environ 30 secondes chrono) pour le retrouver, Didier se plonge dans la lecture d’un journal sorti de nulle part en m’attendant au bord du chemin, ça casse bien, merci et bonjour les vannes de collégiens !! :mrgreen:
      [attachment=0:19ajk3kz]XtremRaid Suisse Normand-00011.jpg[/attachment:19ajk3kz]
      Photo by David, merci à lui 😉

      Les montées très raides se succèdent à un rythme soutenu, peu de plat et peu de récup pour entamer des descentes de fou dans des singles hyper raides bien placés dans les bois. J’atteins vite ma limite technique en descente donc j’y vais prudemment pour m’épargner toute chute.
      Ma forme physique du moment me permet de monter à un bon rythme en reprenant un peu du terrain perdu en descente 😎

      Didier me gratifie d’un cours de descente qui me remet en selle et en confiance et me permet d’aborder la deuxième partie du parcours avec plus de sérénité, merci maestro!

      David est impérial techniquement comme à son habitude, jamais avare d’un compliment à l’adresse des bénévoles qui nous accueillent.
      Christophe est bon dans tous les compartiments du jeu: rapide et fort en montée, hyper bon en technique de descente. assurément il nous a fait son plus grand numéro.
      Didier déploie toute sa classe et son bagage technique lié à son expérience du très haut niveau. Nous seulement il est fort mais il arrive à donner des conseils de technique et de gestion de l’effort à n’importe quel moment…

      Les paysages sont magnifiques et on regrette de ne pas se donner le temps de les admirer plus longtemps

      La fin de la rando s’effectue en mode sprint dans les montées dans l’euphorie d’avoir participé à un truc exceptionnel. :mrgreen:
      Pas de bobo, quelques frayeurs mais rien de méchant, aucune grave défaillance.

      à l’arrivée on passe sous la banderole sous les applaudissements du public tous les 4 , et on a bien failli se casser la figure en se tenant par les épaules! j’espère qu’il n’y aura pas de photo finish ! 😕

      On discute avec Jérome , il nous parle de sa mésaventure qu’il évoquera certainement dans son récit mais tout s’est bien fini pour lui, il a bouclé son raid comme tous les marcassins présents.
      Bravo encore à Quentin et son coach Juan pour avoir bouclé le 65 😎

      Un très grand cru que ce millésime 2013 , très heureux d’avoir fait partie de l’aventure, assurément un des plus grands évènements cyclistes auxquels j’ai participé.

      trace sur http://connect.garmin.com/activity/372877774

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 329

      😀 …merci pour ces 1ers coms tjs aussi agréables à lire !! 😉
      Par contre, on est complètement « essoufflés » à la fin de la lecture tellement on monte et on descend en mm tps que vs !! 😮
      Bravo pour vos perfs et surtout, un gd coup de chapeau au petit « bike » !! (enfin ! « petit » …. « il a tt d’un gd » qd mm 😛 )

      Vite …la suite !!! 😆 😀

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 28

      En image, çà se passe de commentaire !
      voir ici quelques Captures d’écran vidéo :
      https://plus.google.com/u/0/photos/107184322857770570903/albums/5922041153163208785

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 540

      Bien que contraint de supporter la promiscuité d’un Jean-Yves surexcité pendant près de 4h dans l’habitacle des plus cossus, mais il faut bien l’admettre un rien exigu, de mon rutilant bolide dont, au passage, le charme suranné n’a d’égal que l’incroyable fonctionnalité et que je préférerais qualifier, par respect pour ce vaillant véhicule qui nous a mené sans faillir tout au long de notre périple alors qu’aucun d’entre nous n’avait l’âge légal pour le conduire, d’expérimenté plutôt que d’antique comme n’hésitent pas à le faire certains personnages peu scrupuleux, le voyage vers la Suisse-Normande s’est déroulé idéalement jusqu’à l’auberge de Brie, à proximité du lit de l’Orne, qui n’est certes pas tenue par Prosper Poiredebeurré mais nous proposera néanmoins un repas digne d’un hobbit plus tard en soirée.

      Après une rencontre inopinée avec un groupe de vététistes parisiens mais néanmoins sympathiques (du moins l’un d’entre eux qui, contrairement à vous bande de béotiens, connaissait Tolkien) auxquels Jean vendra avec brio notre ronde et une sérieuse collation à l’auberge susnommée, le Jean-Yves et moi nous sommes dirigés vers un luxueux hôtel du voisinage afin d’y passer une bonne et calme nuit loin de la veine agitation de nos collègues marcassins un rien nerveux à l’approche de l’événement du week-end. On ne mélange pas les torchons et les serviettes, que voulez-vous … 😆 😆 Jean-Yves, qui ne loupe jamais une occasion ne se faire des amis, s’en est fait un nouveau en la personne d’un géant noir au sourire aussi large que ses épaules de catcheur et tenancier du bel établissement, qui l’a chaleureusement remercié de l’avoir aidé à veiller toute la nuit grâce à ses ronflements sonores. 🙄

      A 8h15, après avoir attendu une éternité que mon compagnon de route obtienne enfin sa plaque de cadre, nous rejoignons les autres marcassins sur la ligne de départ. Le Doc, qui en grand frère pense à tout, nous a amené à chacun des tubes de potions magiques pour nous aider à surmonter l’épreuve. Pour une fois, les effluves que nous laisserons dans notre sillage seront aussi étrangement colorées que les siennes 😉 . David, qui 3 jours plus tôt craignait de ne pas pouvoir prendre le départ suite à une blessure, est remonté comme une pendule. Jérôme et le pote au doc qui chassent le chrono fument déjà, jaunissant l’herbe sous leurs fasttracks. Jean et son fiston de compétition sont sur la brèche et attendent le départ du 68km. Benjamin est introuvable. Il aurait dormi sur place dans une tente, préférant, on le comprend aisément, le froid et la solitude plutôt que les vrombrissements du V8 de mon compagnon de chambrée qui ne m’ont laissé vaguement sommeiller que par périodes de 30s.

      C’est parti mon kiki. La première partie du parcours est très roulante. De larges pistes permettent au peloton de s’étirer sans le moindre ralentissement. Le balisage est parfait. Chaque traversée de route s’effectue royalement entre trois gusses en gilet jaune qui bloquent la circulation pour nous permettre de ne pas freiner. Le paysage est splendide et pour l’instant, nous avons le loisir de l’admirer. Le Doc, en grande forme, nous attend en haut des petites montées en lisant le journal. David est en mode déconnade. Jérôme et son acolyte ont disparu depuis bien longtemps. Benjamin nous double après une dizaine de kilomètres. Tout roule.

      Après cette entrée en matière idéalement choisie pour chauffer nos mollets de quadragénaires, arrive le premier vrai coup de cul. La transition est brutale, put@&  ça grimpe !!. Puis, on arrive sur la première descente technique. Une pente invraisemblable avec une rambarde au milieu et un virage à angle droit en bas. C’est chaud bouillant, le ton est donné et la difficulté va aller crescendo jusqu’au kilomètre 75 : une succession d’ascensions longues, raides, tortueuses et techniques bardées de marches naturelles de pierres et de racines puis des descentes vertigineuses dans lesquelles l’engagement est obligatoire et où virages relevés,pierriers, racines, devers, ornières, épingles serrées et abruptes s’enchaînent sans relâche à grande vitesse. C’est grisant mais plus question d’admirer le paysage. C’est fun mais tendu. L’impression d’être à la montagne est omniprésente. Les moments de récupération sont rares et les organismes mis à rude épreuve. David impressionne par son aisance en descente et assure dans les côtes en mettant, comme à son habitude, une ambiance de folie partout où il passe , Jean-Yves souffre un peu dans le d- mais grâce à un physique sans faille recolle dans le d+. Le Doc profite de sa grande expérience et ne lâche pas un pouce de terrain tout en nous prodiguant de bienvenus conseils.

      Deux jours après le raid, des images continuent de revenir régulièrement. Une fois, après une montée ultra-raide assis sur le bec de selle, le genre de grimpette où on échangerait volontiers un rein pour un plateau en 20 dents, un léger faux plat se présente enfin devant moi. J’en profite pour relancer, tourne derrière un arbre en passant au dessus d’une grosse racine et me trouve engagé dans une espèce d’épingle masquée jusqu’au dernier moment et dont la première partie est une dalle pierreuse totalement lisse qui descend quasi verticalement d’un bon mètre vers le chemin qui part en bas en sens inverse. Ouch, pas le temps de m’arrêter, je suis déjà dedans. Je tourne les épaules et le regard vers la sortie du le virage en chargeant l’avant et bloquant la roue arrière un peu à l’instinct, l’instinct de survie 😯 . Le vélo dérape, pivote, se met en travers sur la pierre et glisse jusqu’en bas sans autre conséquence qu’une énorme poussée d’adrénaline. J’ai l’impression que le temps s’est arrêté. Ouf, c’est passé… avec de la chance car je n’avais jamais fait ça avant. Une autre fois, dans une descente hyper raide, le thorax contre la selle, les bras tendus et pourtant à la limite du soleil, je pars à la faute suite à un mauvais contrôle et petite une glissade(ben oui, ça descend au point qu’il est dur de marcher, il y a une petite ornière au milieu, c’est très sablonneux et ça tourne sans arrêt). Je pause pied à terre comme je peux pour me rééquilibrer, regarde passer David qui manoeuvre comme un beau diable, puis repars dans la pente tout en apercevant d’autres vététistes qui sortent de la trace, embrassent les arbres ou font des rouler-bouler dans les fougères. Je ne citerai pas de nom par respect envers le grand homme mais l’un d’entre eux n’avait plus son journal 😀 . Une autre fois, nous rencontrons une série de troncs d’arbres couchés en travers du chemin à une hauteur qui nous force à nous coucher sur le vélo pour passer dessous. Sauf que quelques mètres avant le dernier tronc il y a une bosse que je ne vois pas et me fait décoller. L’énorme tronc arrive sur moi toute allure. J’atterris juste devant, me couche le cintre dans les côtes et enttends un gros bruit de frottement quand mon Camelbak rippe violemment sur l’arbre. Une autre fois encore, dans une descente de dingue, David et moi croisons un instant deux des amis parisiens rencontrés la veille, l’un est allongé et prend un air détaché tandis que son vélo gît 20m plus bas dans une pose acrobatique, l’autre tente de descendre comme il peut à pied en s’accrochant à tout ce qu’il peut. Ils se bondissent comme des diables sur les côtés quand nous arrivons, couchés sur nos selles. Heureusement car il est totalement impossible de faire autrement que d’aller tout droit en essayant d’éviter de partir en soleil. Et tout ces singles, ces virages couchés pris au taquet, ces marches infranchissables mais franchies quand même, ses interminables pentes aux pourcentages déments …

      Arrive alors le dernier ravito. C’est dur. On nous dit que le pire est passé et que le restant n’est que plaisir … à un ou deux raidards près. Effectivement, les 25 derniers kilomètres sont un bike parc naturel où des singles incroyablement ludiques se succèdent les uns aux autres sans jamais sortir de la forêt. Jean-Yves roule aux avant-postes, le Doc souffre un peu mais serre les dents et continue de relancer en danseuse régulièrement. David virevolte. Les cuisses se font oublier tant c’est joueur, rapide, tortueux. Chacun lâche les chevaux et se fait plaisir. C’est une récompense formidable qui nous donne l’énergie de terminer un grand sourire crétin rivé sur le visage ces 100km et 2800m de d+.

      Un grand bravo à notre cadet Quentin qui est parvenu à surmonter une épreuve d’une difficulté physique et d’une technicité rares. Un autre à nos champions qui terminent avec des moyennes oscillants entre 16,5 et 19km/h 😯 😯 Encore un au staff de cet événement qui mérite clairement sa place au top des randos nationales tant pour la beauté, la difficulté et la technicité de son tracé que pour son organisation sans faille. Et enfin un dernier à vous si vous avez lu tout ça.

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 263

      [attachment=7:1q3gy4zl]5230c7b1b34db(1).jpg[/attachment:1q3gy4zl]

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 267

      Regardez bien le levier de frein arrière de Benjamin sur la photo … 😉

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 263

      @Rice #80 wrote:

      Regardez bien le levier de frein arrière de Benjamin sur la photo … 😉

      énorme !! 😯 😯
      j’avais zappé ce détail incroyable

      j’aimerais bien connaitre le temps de Ben , quelqu’un l’a?

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 367

      Oui moi je l’ai : 4 H 57

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 263

      @ecoyottes wrote:

      Oui moi je l’ai : 4 H 57

      😯 😯 😯

      après réflexion , c’est tout de même 30 minutues de plus que le gagnant du marathon …
      et puis sans frein arrière, on va plus vite 😀 😀
      Normal quoi…

    • adminjy
      Maître des clés
      Nombre d'articles : 248

      hé bin !!! ca c’est du compte rendu !! je n’ai pas tout lu car je reprend le chemin du retours ce soir vers notre chère région du 62 ! petite 10zaine de jrs en Charente maritime (Oléron) !! je continuerai ma lecture dimanche 😉

    • Anonyme
      Inactif
      Nombre d'articles : 329

      😀 😀 …voilà ! j’ai enfin ! pris le tps de tt lire et visionner !!! 😉
      excellent tte cette prose Pisursix : on s’y croirait !!!! 😆
      et merci à dum pour les photos ; effectivement ! ça donne trop envie !!! (heureusement qu’on en voit certains « à coté du vtt » , car on a du mal à voir le D+ sur les images !!! 😆 😉 )

      @bientôt j’espère ! 🙂

    • adminjy
      Maître des clés
      Nombre d'articles : 248

      hé bien dit donc!!!! tout d’abord , comme Marie a dit, merci pour ce compte rendu les photos et le temps que vous y avez passé !!
      J’aurai vraiment aimé etre là !!! vous m’avez donner grave envie pour l’année prochaine !!!!
      Apparemment y’avait du technique et de la descente !!!!!!! j’étais en train de me voir sur mon bike au fur et a mesure que je lisais 😆 😆
      Bon j’aurai certainement été à la ramasse dans les cotes mais bon^^
      Pour le raid, ca n’a pas dû etre facile non plus !!
      En tous cas, vous avez dû vraiment vous faire plaisir avec une bonne dose d’adrénaline et une météo au rdv en + c’est cool !! 😀

    • adminjy
      Maître des clés
      Nombre d'articles : 248

      Et aussi sympas la ptite retorque de Didier à Quentin avec le café au lait 😮 😆 😆

      – Marie: toi aussi tu m’a fais rire avec ton premier commentaire mais c’est vrai, on est éssouflé à la fin du com Juan ^^ 😆

Vous lisez 13 fils de discussion
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.